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Formé dès l’enfance aux danses traditionnelles du Maghreb et à la musique arabo-andalouse, FILIPE LOURENÇO revient dans Pulse(s) à ses premières amours chorégraphiques, interrogeant son héritage propre comme l’actualité de ces cultures ancestrales.

Il s’entoure du danseur – chorégraphe Nabih Amaraoui, un ami d’enfance qui a suivi le même parcours, en qualité de collaborateur à la création et, sur scène, de musicien-interprète. Pour ce premier duo, il ravive le souvenir de ces danses (allaoui, touareg, algéroise…), trop souvent réduites à leur dimension folklorique, au coeur d’un dialogue ouvert avec le contemporain. Interprète pour Christian Rizzo, c’est en dansant D’après une histoire vraie, pièce inspirée par le souvenir d’une danse turque, que Filipe Lourenço a pris conscience du potentiel de ces rites chorégraphiques. Durant sa partie dansée en solo notamment, il a éprouvé la force de cette mémoire chorégraphique, inscrite à même son corps, restituée dans toute sa spontanéité.

Ce travail de mémoire ne prend pas la forme d’un d’archivage classique, qui compilerait un répertoire de gestes reproduits à l’identique. Il s’agit au contraire de les déconstruire pour éprouver la façon dont ils peuvent nourrir le contemporain et, en retour, expérimenter les moyens d’un renouvellement, d’une adaptation de ses formes aux enjeux du monde actuel. En effet, si leurs fonctions premières (intégration sociale, célébration guerrière, appel au divin, rite agricole, jeu poético-érotique…) ne sont plus aussi centrales qu’auparavant, il n’en reste pas moins que ces danses répondent à des enjeux chorégraphiques et culturels qui n’ont, eux, rien perdu de leur pertinence.

Du point de vue de l’écriture chorégraphique, les significations sociales et rituelles de ces danses produisent tout un ensemble de gestes minimalistes, aisément transposables dans le registre contemporain. Adoptant une approche « primitiviste », Filipe Lourenço en efface toutes les marques ornementales pour ne garder que les unités premières et leurs intensités : les battements de pied au sol (censés stimuler la fertilité des sols), les ondulations de bras et du bassin, les vibrations d’épaules et les déhanchés (marques de séduction) ou les rondes et mouvements armés (encouragements au combat). A la différence de l’énergique Homo furens, sa première pièce, Filipe Lourenço allie ici la physicalité de son écriture à la sensualité de son propos, entre répétition et tension d’un côté, relâchement et suavité de l’autre. Le minimalisme enivrant auquel il donne forme prend la pulsation comme fil conducteur, reconnectant ainsi son propre corps (et par son biais celui du spectateur) aux forces telluriques et célestes.

Du point de vue culturel, Pulse(s) se révèle symptomatique des écarts entre sociétés traditionnelles et modernes. La perception du corps, notamment dans la civilisation arabe, nourrit la réflexion de Filipe Lourenço, qui s’en remet à une interprétation moins prohibitive du Coran que certaines lectures aujourd’hui adoptées. Rappelant que le livre saint de l’Islam ne comporte aucune interdiction de la musique et de la danse, Filipe Lourenço renvoie ces moments de partage à la libre mise en scène du corps qu’ils permettaient (maquillage, tatouage, soin des cheveux, bijoux…). Le chorégraphe prend également le parti de déconstruire les marqueurs de genre qui distinguent danses masculines et féminines, livrant une version plus universelle et asexuée de ces traditions.

Jouée en live et écrite par les deux hommes, la musique prend enfin une importance cruciale dans le dispositif scénique, lui-même marqué par le dénuement et la sobriété (seule la lumière fera décor). Mobilisant percussions (tbal, bendir, darbouka, karkabou), instruments à cordes (oud, kwitra, mandoline), à vent (ney, nafir) et chants, la création musicale est aussi l’objet d’une déconstruction : Nabih Amaraoui adapte ses instruments traditionnels à des formes plus expérimentales, par le biais notamment de ses « dérivations », instruments de musique fabriqués à partir d’objets ordinaires, détournés de leur fonction première pour leurs qualités sonores.

Organisant le dialogue entre les pulsations sonores et les vibrations du corps, Filipe Lourenço imagine une pièce pulsatile comme un retour aux sources, où entendre battre le pouls enivré du monde.

DISTRIBUTION : 

Conception, chorégraphie / FILIPE LOURENÇO

Chorégraphie / NABIH AMARAOUI

Interprétation (musique et danse) / FILIPE LOURENÇO

Assistante à la chorégraphie / DEBORAH LARY

Arrangements musique live / VANESSA COURT

Espace lumineux / CATY OLIVE

Durée du spectacle / 60 min

PRODUCTION ASSOCIATION PLAN-K / CIE FILIPE LOURENÇO

Coproductions :  Maison de la Culture de Bourges, La Place de la Danse/CDC de Toulouse, Le Gymnase CDC de Roubaix, Manège Scène National Reims, Musée de la Danse/C.C.N.R.B de Rennes, ICI/CCN de Montpellier, CCNO – CCN d’Orléans.
L’association Plan-K /Cie Filipe Lourenço est soutenue par L’Etat – Préfet de la Région Centre-Val de Loire Direction Régionale des A aires Culturelles, le Conseil Régional Centre -Val de Loire, le Conseil départemental du Cher, la Ville de Bourges, la SPEDIDAM.
Accueil en résidence : Maison de la Culture de Bourges, La Place de la Danse/CDC de Toulouse, Musée de la Danse/C.C.N.R.B de Rennes, Le Gymnase/CDC de Roubaix, ICI/CCN de Montpellier, théâtre Rivoli à Porto.

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